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Journal N° 04/1549 - Est-ce que notre quartier a des histoires ?

Etranges étrangers

Centre Paris Lecture / Ecole élémentaire 14 rue Titon (75011)

Journal réalisé à partir des réflexions et des écrits des enfants des classes de Laurence et Emmanuelle (CM2) et Caroline (CM1-CM2).

Sommaire :
- Atelier journal : Paris et les étrangers...
- Atelier BCD : « familles » de livres sur Paris
- Atelier Langue Française : l’atelier n’a pas eu lieu vendredi à cause de la grève, mais il reprend dès aujourd’hui...

Les enfants se sont interrogés sur Paris et les étrangers. Qui sont les étrangers à Paris ? Et que pensent-ils de Paris ?

 C’est qui un étranger ?

Un étranger, c’est quelqu’un qui vient d’ailleurs. Les étrangers viennent d’autres pays.

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Par exemple, il y a les sans-papiers. Ce sont des gens qui n’ont pas de papiers. Mais ils ne sont pas forcément étrangers. Certains SDF qui n’ont pas de papiers sont français.

Les étrangers peuvent aussi être des gens qui sont nés dans un autre pays. Ils sont venus ici pour travailler parce qu’il n’y a pas assez de travail dans leur pays.

 Que fait-il à Paris ?

Un étranger c’est quelqu’un qui vient d’un autre pays ou d’un autre continent et qui aime bien visiter les monuments. Dans le quartier des Galeries Lafayette, on voit plein de touristes qui viennent visiter des monuments comme l’Opéra.

Il paraît que les étrangers viennent pour visiter des monuments célèbres, des places, des quartiers. Un étranger peut être un touriste, une personne qui visite notre très belle capitale.

Il y en a souvent qui rêvaient d’aller voir la ville lumière. Ils rêvaient de Paris.

Parfois, il y a des gens qui viennent vivre dans le pays, ils ne font pas que visiter.

On les appelle les immigrés. Ce sont des étrangers qui viennent s’installer à Paris parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter un appartement dans leur pays.

Pour moi, un touriste ce n’est pas un étranger parce qu’il ne vient pas habiter dans le pays. Dans mon quartier, je vois des gens étrangers qui viennent ici pour travailler et habiter Paris

 Etranges étrangers...

Il y a aussi des étrangers qui viennent de la France, du Sud ou du Nord. Ils sont étrangers à Paris.

Et ceux qui sont en banlieue, ils sont étrangers ? Oui, finalement, les étrangers sont tous ceux qui n’habitent pas Paris. Mais mon père travaille à Paris et vient de banlieue. Il est donc moitié étranger, moitié parisien....

Du moment qu’on n’est pas né à Paris, si on vient à Paris le jour suivant, on est quand même étranger.

Du moment qu’on est né à Paris, on est parisien. Les étrangers, c’est tout le monde qui ne vit pas à Paris.

Mais, s’il reste un certain temps, quelqu’un qui vient s’installer n’est plus un étranger.

Quelqu’un comme mon père qui est né en Guadeloupe va être un étranger pour les uns parce que la Guadeloupe c’est à côté de l’Amérique et il ne va pas être un étranger pour les autres...

La Guadeloupe, c’est un DOM TOM, ça fait partie de la France donc ce n’est pas un étranger.

C’est parce pour certaines personnes, quelqu’un de couleur c’est forcément un étranger. Dans les îles lointaines, il y en a qui parlent français, comme en Guadeloupe, en Martinique, en Corse, à Tahiti et la Réunion. C’est aussi la France.

Être étranger, ça ne dépend pas de la couleur.On dit que “les gens de couleur ne sont pas souvent français.” C’est faux parce que les parents des gens peuvent être d’un autre pays. Ils viennent et font un enfant qui peut être parisien. L’enfant a des origines africaines, par exemple.

 Parisiens d’adoption

On peut être né à Marseille, vivre à Paris depuis longtemps et être parisien. Se poser la question de savoir si on est parisien ou pas, c’est comme l’histoire de la poule et l’oeuf.

Les Marseillais peuvent penser la même chose de nous, qu’on est étranger. A Nice, à Carcassonne, on nous a déjà dit qu’on était étranger.
Pourtant, si tu es né à Lyon, que tu vis depuis longtemps à Paris, tu es forcément parisien.

Quand on est parisien d’adoption, c’est qu’on était à l’orphelinat.

Quelqu’un nous a adopté et on devient parisien. Ou plutôt, c’est qu’on se sent parisien sans être né à Paris.

On ne repère pas les provinciaux et les banlieusards s’ils n’ont pas trop l’accent. Il y a des gens de toutes les origines qui vivent à Paris sans être parisiens.

 Les étrangers des autres

On peut être blanc et étranger à Paris, à la France et d’une autre couleur sans être étranger. Il y a aussi des étrangers qui parlent le français et d’autre pas. On ne peut pas reconnaître les étrangers à leur image. Des fois ce n’est pas facile de savoir.

Les étrangers sont des gens qui viennent d’autre part.
Les Marseillais ne sont pas des étrangers.

Souvent on trouve que les autres qui n’ont pas la même origine sont bizarres ou différents.

C’est quand on est raciste qu’on pense cela mais on peut dire de quelqu’un qu’il est étranger sans être raciste.

 Nous, nos mélanges...

Moi, je suis né ici et j’ai vécu trois ans en Espagne quand j’étais petit. En Espagne, pas de problème, j’étais Espagnol. Quand je suis revenu en France, les gens m’ont dit que j’étais étranger parce que je venais d’ailleurs. Et ce n’est pas sympa. Moi je me sens Français et Espagnol.

C’est vrai, être Français, ça ne veut pas dire grand chose. Quand je vais chez mes grands-parents en Haute-Savoie, on ne me considère pas comme un étranger.

Ça fait quatre ans que je vis à Paris, je suis née en banlieue. Je ne suis pas pour autant une touriste… On peut même être métis et parisien.

 Ce que les étrangers pensent de Paris

Les étrangers quand ils viennent à Paris, souvent ils trouvent que c’est sale.
Quand les étrangers, les immigrés viennent s’installer, la première qu’ils voient ce sont les crottes de chien. Après ils disent : “je n’aurais jamais dû venir !”
Le plus moche dans les rues de Paris ce ne sont pas les crottes de chien mais plutôt les clochards. Enfin je veux dire que ce n’est pas normal pour un pays riche. Une grande majorité des étrangers qui viennent à Paris pensent que c’est sale, que c’est pollué, qu’il y beaucoup de clochards.-Si ce sont des étrangers qui viennent d’un pays pauvre, ils diront que c’est un pays riche. Ils vont trouver Paris extraordinairement beau. Moi je crois qu’ils pensent c’est une belle ville dans un pays développé.

D’après des répliques de films, les enfants se sont demandé le lien entre leur vie et ces films. Puis, ils ont écrit sur Paris et les étrangers.

 Paris en anglais...

Sa femme : On est à Paris… Alors, on va oublier tous nos petits soucis et on va passer un bon séjour. I love Paris in the springtime… On est à Paris… I love Paris in the fog !
(I want to go home d’Alain Resnais)

C’est une femme qui passe un week-end à Paris avec son mari. Elle dit qu’elle aime beaucoup Paris. Elle dit que Paris, c’est le printemps et le brouillard. (Coralie)

J’ai compris qu’elle parle en anglais et je pense que ça veut dire qu’elle aime Paris et les magasins. Il faut oublier tous les soucis et passer un bon séjour. Il y a des soucis parce qu’il y a des fous, des gens qui font n’importe quoi. Moi, j’aime Paris parce que j’y habite. (Thomas)

Elle parle anglais et dit que Paris est magique. C’est vrai car on oublie nos petits soucis. On peut aimer Paris pour ça : quand on s’amuse, on oublie nos soucis. (Rémy)

Il s’agit de deux touristes qui passent un séjour à Paris, ils pensent que c’est super et ils disent qu’ils adorent Paris. Mais je n’ai pas très bien compris parce qu’il y avait de l’anglais (Caroline)

 La lumière et la chaleur...

Sabrina : “L’Amérique est mon pays, mais Paris est mon chez-moi”. J’aurai toujours ce sentiment-là pour Paris. […] Il fait froid, mais je n’ai pas froid. […] Mais il n’y a qu’à Paris que la lumière est vraiment rose. Que ça a un sens. Je l’aurai dans ma poche quand je rentrerai. Elle ne me quittera plus, où que j’aille.
(Sabrina de Sydney Pollack)

Elle a raison, c’est très beau Paris. Sabrina est américaine et sa maison est à Paris. Elle peut se sentir parisienne, mais elle est américaine. Elle doit vraiment s’amuser à Paris parce quand il fait froid, elle n’a pas froid. Et elle doit vraiment aimer Paris parce qu’il n’y a que là qu’elle voit la lumière rose… (Valentine)

Ce n’est pas parce que tu n’es pas né à Paris que tu ne peux pas l’habiter. La lumière est rose, cela veut dire que Paris est très beau. Et avoir froid sans avoir froid veut dire qu’elle se sent bien. (Eloi)

Je ne suis pas d’accord parce qu’ils disent qu’il fait froid et que la lumière est rose alors qu’il ne fait pas toujours froid . (Samir)

Cela veut dire que Paris, c’est peut-être chez lui, mais l’Amérique c’est son origine. Il ne peut pas changer cela, c’est comme ça. (Lamine)

J’ai tout compris, cette fille a raison. Pour moi c’est pareil, Paris c’est mon pays et l’Espagne c’est mon chez-moi. Paris c’est où j’habite et l’Espagne c’est où je vais en vacances, là où il y a ma famille. (Clara)

 Brûler la capitale…

Darty : Vous devez être contents, non ? Y a un flic qu’a perdu son flingue dans la cité. J’espère que le mec qui va tomber dessus, hein, ira brûler la capitale. Ça nous ferait du changement un p’tit peu
(La haine de Mathieu Kassovitz)

Darty est un vrai malade mental parce qu’il veut que quelqu’un aille brûler la capitale et tout ça, ça veut dire qu’il veut se venger de quelqu’un. Il a été vendeur chez Darty et maintenant qu’il a été renvoyé, il veut se venger. (Alban-David)

C’est un fou : il veut que quelqu’un aille brûler la capitale avec le flingue d’un flic. On peut imaginer qu’il a inventé Darty (la marque de voitures) et que quelqu’un l’a tué. Il veut se venger et brûler la ville. Comme il va au Paradis, il ne peut pas le faire lui-même alors il demande à quelqu’un de le faire. (Paul Tr.)

Il n’aime guère Paris. Ils voudrait que la personne qui trouve un flingue tue, terrorise les gens de Paris. (Maximilien)

 Les ploucs à Paris

Yvon : C’est beau, quand même, Paris… Je t’emmène là-haut ?
Laetitia : Qu’est-ce que tu veux que j’aille faire à la tour Eiffel ?
Yvon : Ben, on voit Paris !
Laetitia : Avec tous les ploucs ?
(Meilleur espoir féminin de Gérard Jugnot)

Laetitia n’aime pas les Parisiens. Elle en parle en disant “les ploucs”. Et on dirait qu’elle n’aime pas Paris car elle dit “Qu’est-ce que tu veux que j’aille faire à la tour Eiffel ?”. Je ne sais pas pourquoi elle est à Paris si elle n’aime pas visiter la Tour Eiffel et les autres monuments. (Elsa)

Yvon pense que Paris est magnifique mais Laetitia trouve qu’il n’y a que des ploucs à Paris. Moi, je pense que ce n’est pas vrai. Les ploucs sont les gens retirés du monde. Il y en a, mais il y a surtout des gens normaux. (Antoine)

Laetitia n’aime pas du tout Paris, elle dit qu’il y a des ploucs, elle ne s’intéresse pas du tout à Paris, elle n’en a rien à faire. Yvon lui propose d’aller voir la Tour Eiffel, il s’intéresse à Paris. Pour lui c’est la belle vie. (Ambre)

Laetitia n’a pas raison en disant qu’on voit tous les ploucs car on ne voit pas que les ploucs. “Plouc” pour moi c’est quelqu’un qui est moche. Elle pourrait visiter la Tour Eiffel et voir Paris de haut. Yvon a raison, il dit que Paris est beau, moi je trouve que Paris est super super beau. (Camillia)

Yvon dit que Paris c’est beau, je suis d’accord parce que Paris c’est beau mais parfois il y a des coins qui sont moyennement beaux, il y a des crottes de chien et les trottoirs sont sales. Je ne suis pas d’accord avec Laetitia car elle dit qu’à Paris il n’y a que des ploucs, il y a des gens bien à Paris. (Sibyline)

 Une carte postale ?

Damouré : Oui, ils ne voudront pas me croire parce que, pour eux, Paris, c’est la petite carte postale avec la Tour Eiffel. […] Oui, on voit la Tour Eiffel… Mais la Tour Eiffel n’est pas Paris […] Paris… Paris… Paris… Mon vieux Paris… Tu es formidable… Il est formidable… Tu es magnifique…
(Petit à petit de Jean Rouch)

Il dit quelque chose à quelqu’un. Paris n’est pas aussi facile que l’on croit. La Tour Eiffel est belle mais Paris ce n’est pas toujours aussi beau. Moi, j’adore Paris. Je trouve ça beau. Je suis née à Paris et fière de l’être. J’ai Paris dans le sang et puis c’est tout. (Flavia)

Damouré pense que Paris est formidable mais les autres pensent qu’il n’y a que la Tour Eiffel. Il pense que c’est formidable de vivre à Paris. Oui, je suis d’accord, c’est formidable de vivre à Paris. J’aime bien les monuments de Paris. (Enzo)

Je ne suis pas d’accord avec les touristes qui pensent que Paris ce n’est qu’une carte postale avec la Tour Eiffel, ce qui voudrait dire que Paris n’est pas une ville intéressante. Mais je suis d’accord que Paris est formidable. (Balthazar)

Je ne suis pas d’accord avec les copains du narrateur qui disent que Paris ce n’est qu’une petite carte qui montre la Tour Eiffel. Cela nous donne une information c’est qu’à Paris, il y a la Tour Eiffel mais il y a aussi le Louvre, les Galeries Lafayette, Notre Dame et l’Arc de Triomphe. (Lucie)

Peut-être que pour eux, Paris c’est juste la Tour Eiffel mais il y a aussi d’autres monuments comme le Louvre, le Sacré-Cœur… C’est banal pour les gens qui vivent à Paris mais pour les gens qui viennent d’un autre pays, ce n’est pas aussi banal que les boulangeries, les magasins. (Fatima- Zahrae)

 Avoir Paris dans le sang

Nous aurons toujours Paris. Nous ne l’avions plus, nous l’avions perdu, jusqu’à ce que tu viennes à Casablanca. Nous l’avons retrouvé la nuit dernière.
(Casablanca de Michael Curtiz)

Je pense qu’une personne habite à Casablanca et qu’elle a habité Paris. Elle a oublié Paris, ça ne comptait plus pour elle jusqu’au jour où un Parisien vient chez elle… (Paul)

Il croit qu’il a Paris dans le sang et qu’un jour en venant à Casablanca, il l’a perdu. Qu’il ne l’a plus dans le sang… Et un jour, quand un Parisien vient à Casablanca, il retrouve Paris. Tu penses ce que tu veux, parisien ou pas parisien. Je n’aurais jamais Paris dans le sang parce que je suis banlieusarde mais cela ne veut pas dire que j’aime la banlieue. (Masha)

Dans Casablanca, il y a des personnes qui se disent que Paris leur appartient mais je ne suis pas d’accord car Paris appartient à la France et la France au président qui est en quelque sorte le roi de la France. (Aïcha)

Nous aurons toujours Paris, cela veut dire qu’on aime bien cette ville mais Paris ne sera peut-être pas toujours beau, Paris peut être très sale. (Julien)

 Les voisins (suite)

Un texte sur les voisins avait été oublié dans le journal n°2. Pardon encore, Salomon !

La maison de mon voisin est très très grande. Ils sont six avec la nounou. Le sport de mon voisin est le foot. On en fait dans notre cour. Il s’appelle Prosper. (Salomon)

Avec les enfants de la classe de Marie-José (CE1-CE2).
Les enfants ont complété les familles déjà constituées.

 Les livres qui restent…

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Eléonore : On doit mettre Petits Bleus dans Paris (J Leblond) dans la famille des monuments parce que le petit garçon se promène dans la ville. J’ai reconnu le Sacré-Cœur, Notre-Dame, la Tour Eiffel et la Seine.

Adrien : Une nuit, un chat (Y. Pommaux) va dans la famille des animaux des ville car le chat part tout seul la nuit sur les toits, sur des statues, sur des cheminées et des trottoirs.

Romane : Copain des villes (chez Milan)… Je ne sais pas où le mettre car le livre parle de constructions, du trafic, de la nature en ville et des transports à la fois.

Erick : Qu’y a-t-il sous nos pieds ? (P., Kent), cela parle de plusieurs sujets. Des gens qui travaillent, des animaux, alors ?…

Julie : Les tableaux de Marcel (A. Browne) a des pages qui ressemblent à des tableaux qui sont dans les musées. Et les grands musées sont dans les villes.

Zoé : L’école aux 100 farces va dans la famille « population » car au début on voit des enfants qui vont à l’école.

Les enfants ont éliminé tous les livres où il n’y avait qu’une image représentant quelque chose de la ville.

Posté le 22 octobre 2007 par Aurélia CROS, Sandra-Vanessa LIEGEOIS