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Journal N° 07/1554 - Est-ce que notre quartier a des histoires ?

Paris et les sentiments

Centre Paris Lecture / Ecole élémentaire 14 rue Titon (75011)

Journal réalisé à partir des réflexions et des écrits des enfants des classes de Catherine (CE2) et Caroline (CM1-CM2).

Sommaire :
- Atelier journal : Paris et les sentiments
- Atelier BCD : la ville ailleurs et avant...
- Atelier Langue Française : onomatopées et littérature dans Paris

Les enfants se sont interrogés sur les sentiments à Paris.

 Paris dégoûtant ou Paris bonheur ?

La Seine, c’est romantique. Quand Paris n’était pas pollué, il y a longtemps, ça pouvait être une plus belle ville qu’aujourd’hui. Dans la Seine, les poissons remontent à la surface parce qu’ils meurent. Maintenant, c’est plus dégoûtant. Avant, il n’y avait pas le doux bruit de l’autoroute. Peut-être qu’avant on ramassait plus les crottes de chien et que les lois étaient plus respectées... C’était plus joli avant : il n’y avait pas de tags et la Seine n’était pas verte. Pourtant depuis quelques années, on essaie de faire moins de pollution. Si on va au Parc Floral ou au Jardin d’Acclimatation, il y a encore de la nature, ça donne des idées. Paris, c’est du bonheur, la ville est belle avec plein de beaux monuments. Il y a toujours beaucoup de choses à voir. La nuit, tout est illuminé et tout brille : les rues, le Louvre, l’Opéra. Le soir quand on est tout en hauteur, on voit tout Paris et des petits points jaunes et rouges. Dans Paris, les gens vivent le jour et la nuit. Il y a de la musique.

Paris colère, Paris tristesse, Paris ennui...

Paris, c’est aussi de la colère. Les gens sont toujours pressés et ils se bousculent surtout dans le métro. Ils s’énervent dans les voitures, il y a beaucoup de bruit, il faut souvent attendre. C’est aussi de la tristesse. Il y a des grands cimetières. Et beaucoup de personnes très pauvres qui mendient, qui dorment dehors et qui n’ont rien à manger, des familles de sans-papiers.

En fait, on se lasse de sa ville et trouver une ville belle, ça dépend des goûts. Les gens qui ne connaissent pas ont un sentiment d’admiration pour Paris. Quand tu te lèves pour aller à l’école, tu prends toujours le même chemin et tu as moins souvent d’admiration pour la ville. Mais des fois, on peut changer de chemin. Et on peut se lever et trouver Paris romantique parce qu’on voit des choses jolies ou qu’on n’avait pas vues. On préférerait quand même être à la campagne. Paris, nous on y a toujours habité, on a nos copains et nos habitudes.

 Paris au cinéma

Paris, c’est plus propre au cinéma. Mais New York, par exemple, c’est moins sale en vrai. Et puis, Paris ce n’est pas vraiment l’idéal : c’est Venise, la ville pour les amoureux. Quand tu regardes un film et la réalité, si on tourne un film en bas de chez toi, tu regardes dehors et toi tu vois des gens qui s’engueulent et des crottes de chien... Mais à la télé ou au cinéma, on va voir les choses comme si c’était toujours le paradis et on va voir des gens s’embrasser. Au cinéma, c’est ceux qui font le film qui rendent Paris romantique.

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 Les choses vraiment romantiques

Romantique, c’est offrir un cadeau à quelqu’un qu’on aime. A Paris, on peut faire des cadeaux même la nuit. Des fois on fait des surprises : aller dans un restaurant calme, faire un dîner aux chandelles, faire des promenades dans des endroits calmes... Les amoureux sont libres, ils peuvent faire comme ils veulent car personne ne les connaît. La Tour Eiffel, c’est un beau monument. La nuit avec les lumières, c’est romantique et ça rend les gens plus amoureux. Les monuments, ça donne un peu envie de vivre à Paris. Paris, c’est romantique seulement la nuit. Mais à six heures du matin quand tu te réveilles, tu vois les Parisiens qui courent à leur travail et tu n’as pas envie de sortir, de te lever. C’est vraiment romantique le dimanche matin parce qu’il n’y a personne... Finalement, c’est une idée reçue que Paris est romantique, ça dépend des endroits. La nuit, c’est toujours tranquille et joli car il y a moins de monde. Paris est connu du monde entier, on a appris des chansons ou des poésies romantiques sur Paris (Sous le ciel de Paris etc.).

 Tout dépend d’où l’on vient...

Ce qui est romantique, c’est quand c’est propre. Pour nous, Paris n’est pas romantique parce que ce n’est pas beau, le matin il y a de la pollution. Et puis au fond, l’Arc de Triomphe, c’est minuscule. On ne voit pas Paris comme les touristes. Quand tu vas à la Tour Eiffel, tu n’es pas venu pour regarder les crottes de chien alors tu les vois moins. Les touristes qui vivent à New York ou en Guadeloupe se diront que Paris est beau parce qu’ils n’y habitent pas. Mais moi si je vais en Guadeloupe, je trouverai ça beau parce qu’il y a la mer.

A partir de répliques de films, les enfants se sont interrogés sur Paris comme « ville des sentiments ».

 Les hasards de Paris

Frédérick : Comment, le hasard ? Paris est grand, vous savez. Garance : Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour
(Les enfants du paradis de Marcel Carné, dialogues de Jacques Prévert)

Parce qu’il aime, il a un grand amour et comme il a beaucoup d’amour dans son cœur, il se sent de l’amitié. (Naizdine)

Quand on rit, c’est du bonheur. Quand on est triste, dans la rue, on est malheureux et sans joie. (Margot)

Frédérick trouve que Paris est grand mais Garance trouve que Paris est petit pour ceux qui ont un grand amour. Je pense que ceux qui sont amoureux et qui vivent à Paris ne pensent plus à Paris donc ils croient que Paris est tout petit. (Julia)

Garance dit que Paris est tout petit parce que dans les films, les amoureux finissent toujours par se retrouver. Je pense que ce n’est pas vrai parce qu’à moins d’un miracle, tu ne retrouves pas quelqu’un que tu as perdu à moins d’appeler la police. (Janai)

Quand on habite à Paris, on ne part pas beaucoup de son quartier, on trouve donc que c’est petit. Je pense que je trouverais moi aussi que c’est petit. (François)

 Les couleurs de Paris

Tout cela fait des histoires tantôt roses, tantôt noires, sur le pavé de Paris, tantôt l’on pleure, tantôt l’on rit.
(Les rendez-vous de Paris d’Eric Rohmer)

Les histoires de Paris changent Paris quand on rit et qu’on pleure, ça nous rend tristes ou joyeux. Des fois, les histoires sont bizarres, ce sont toutes les choses qui se passent à Paris. Ça peut être des histoires d’amour ou de tristesse. On peut croire à ces histoires mais on ne sait pas trop si c’est vrai ou faux. (Prosper)

Quand il fait beau à Paris, c’est que Paris est rose. Quand il fait « moche » à Paris c’est que Paris est noir. Quand on pleure c’est que Paris est triste, quand on rit c’est que Paris est content. Quand on se bat pour une couleur, l’un va pleurer et l’autre sera content. (Benjamin)

 S’embrasser sous la pluie

Tant que vous n’avez pas été embrassé par un de ces pluvieux après-midi parisiens, vous n’avez jamais été embrassé.
(Maris et femmes de Woody Allen)

Il y a des après-midi tristes et il ne vaut mieux pas se laisser aller par la tristesse. Mais il y a aussi des après-midi heureux où il vaut mieux se faire emballer par la gaîté. (Ghil)

Tant qu’on n’a pas été embrassé par la pluie, on n’a jamais été embrassé par un homme. Pour moi, la pluie n’est pas romantique. On peut se faire surprendre par la pluie, ça veut dire qu’il pleut beaucoup à Paris. (Ariane)

On ne peut pas être embrassé si la personne ne veut pas être embrassée. Ça veut aussi dire qu’on a passé un mauvais après-midi. (Shelhyan)

La personne qui dit ça doit vraiment aimer Paris car elle dit que si on n’est jamais sorti sous la pluie et qu’on n’a jamais goûté de pluie à Paris, ça veut dire qu’on n’a jamais vraiment embrassé quelqu’un. Alors que si ça se trouve on a trente ans… Cette personne est bizarre. (Roxanne)

Je comprends que quand on n’est jamais allé à Paris, on n’est jamais allé nulle part. Je pense qu’en réalité c’est faux, parce que si j’étais à Washington, je ne penserais pas ça de Paris. (Sandro)

 Paris la blonde

Les clients : Paris, c’est une blonde, qui plaît à tout le monde.
Le nez retroussé, l’air moqueur, les yeux toujours rieurs… Ça c’est Paris ! Ça c’est Paris !

(Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch)

Ça plaît à tout le monde d’avoir le nez retroussé, l’air moqueur et les yeux toujours heureux. Les clients veulent dire que Paris est une femme blonde jolie, le nez en l’air et gentille. (Eva)

Cette poésie dit que Paris est blonde, c’est faux ! On dit que c’est Paris, que c’est génial. Je trouve ça bizarre, c’est quoi comme thème : amour ou joie ?? (Melvil)

Les clients sont des personnes qui achètent des choses comme chez H et M, des habits et des bijoux. (Clara)

Paris est une femme. Paris est très beau et une femme l’est aussi. Ce texte est très beau. Je pense que ça pourrait être dans un salon de coiffure, peut-être parce que l’on dit le mot “client” et le mot “blonde”. (Roxane. B)

Ça nous dit que Paris est bête parce que Paris est blonde. Mais tout le monde l’adore car Paris est chic. Les boutiques, les monuments, les passants la font rire beaucoup et tous les jours. Et Paris sera toujours Paris. (Chloé)

 Amie perdue dans Paris...

André : Moi, c’est pas si compliqué. Mais d’ savoir qu’elle est quelque part dans Paris, que je pourrais être avec elle, lui parler… Ben, j’ pense qu’à ça. Et ça m’ fait mal. Ça m’ fait mal, vraiment. Comme un coup, quoi.
(L’air de Paris de Marcel Carné)

C’est une personne qui a une amie qui a déménagé et elle lui manque car il l’aimait beaucoup, comme sa meilleure amie. Il pense qu’elle est à Paris. (Juliette)

C’est un homme qui s’appelle André et qui cherche une dame pour lui parler. Paris est tellement grand qu’André ne la trouve pas. (Srisan)

Cet homme parle de sa femme ou de sa fille ou d’une personne féminine. C’est pour dire qu’il n’est pas avec elle et ça le rend triste surtout de savoir qu’elle est dans Paris. C’est bizarre car on ne sait pas à qui il parle. (Emma)

Celui qui a écrit ce texte a peut-être une amie qu’il aime beaucoup et qu’il est déçu qu’elle n’habite pas à Paris. Ça me rappelle que j’ai une amie que j’aime beaucoup qui n’habite pas à Paris. (Hanna)

 Paris en femme ?

Gabriel : Je me demande pourquoi on représente toujours la ville de Paris comme une femme ?!
(Zazie dans le métro de Louis Malle d’après un livre de Raymond Queneau)

Si Paris est représenté comme une femme, c’est que c’est un nom féminin. (Emma)

Gabriel demande à son papa pourquoi on représente Paris comme une femme et son papa lui dit que les femmes font du shopping. Il y a beaucoup de magasins de shopping à Paris. (Djulien)

Les filles, ça fait toujours des histoires, elles ont un caractère spécial... (Paulina)

Il y a beaucoup de cabarets et, dans ces spectacles, il y a beaucoup de filles qui dansent. Il y a aussi Notre-Dame de Paris qui est féminine parce qu’il y a le mot « dame ». (Andréa)

On dit que la Tour Eiffel est la « dame de fer ». Il dit ça parce que Paris c’est « moche » et que les femmes sont belles. (Lena-Blue)

 Atelier BCD

Avec les enfants de la classe de Laurence et Emmanuelle (CM2).

 La ville ailleurs

L’art de construire (Les racines du savoir)
A Chicago, des architectes ont fabriqué un gratte-ciel de 443m !

Le Brésil au présent de A. et D. Seguin
Les premières personnes à habiter au Brésil étaient des Indiens. Près de la plage, les maisons sont sur pilotis et il y a des animaux dans les rues. Souvent les maisons s’installent où la place est disponible. Les maisons s’appellent des favelas. Brasilia est une ville du Brésil avec beaucoup de tours comme à New York ou à Paris.

 La ville avant

Paris au Moyen Age de P. Vrejka
Avant, la ville était bien plus petite, il n’y avait que quatre arrondisse-ments. Le château était très populaire. Les maisons n’étaient pas très commodes, les escaliers étaient fragiles et il y avait peu de meubles. Les rues étaient sales, on laissait les animaux se promener librement et faire leurs besoins. Sur les ponts, il y avait beaucoup de commerçants et même sur des bateaux. Les gens buvaient l’eau de la Seine et ils y lavaient leurs vêtements. Il y avait de fréquentes inondations. A cette époque, il y avait des mendiants et des vagabonds. Ils devaient trouver un travail, sinon ils étaient marqués au fer rouge sur le front. Les gens portaient des sortes de cagoules ou quelque chose sur la tête.

Avant la Télé d’Y. Pommaux
Autrefois les gens ne connaissaient pas les chèques ni les cartes bancaires, ils recevaient leur salaire dans une enveloppe. Les BD s’appelaient des illustrés. La vie était plus dure, il y avait moins de voitures, à l’école les tables étaient en bois. Les filles et les garçons étaient séparés. Les filles portaient des jupes ou des robes à pois, à carreaux, à rayures qui arrivaient aux genoux. Les garçons portaient des culottes courtes plus ou moins longues même en hiver, parfois un béret et rarement des casquettes. Ils avaient les cheveux courts.

Une ville à travers les âges de P. Kent
A l’âge du fer, les maisons étaient en bois, en paille, en bouse. Les gens avaient le corps peint ou tatoué, ils s’habillaient avec des bouts de tissus de toutes sortes. Au Moyen Age, les gens étaient très pieux et aussi pauvres. La ville était petite, les maisons serrées et n’avaient pas beaucoup de pièces. Elles étaient en plâtre, en bois. Les églises, les châteaux étaient en pierre. Les trottoirs étaient en terre et pas souvent pavés. Les gens jetaient les ordures par la fenêtre. Il n’y avait pas d’égouts, pas de douches, pas de voitures. Les enfants jouent à la soule (une sorte de football). Au XXème siècle, il y a des maisons en pierres, en briques et en ciment. Il y a des trains, des TGV, des RER. L’air est saturé par les gaz d’échappement . Les caméras vidéo surveillent les rues. Les gens s’habillent bien avec tailleurs, des costumes et des minijupes.

 Atelier de Langue Française

Avec les enfants de la classe de Cécile (CP-CM1).

Hypothèses sur les onomatopées (les bruits dans la ville)

Hugo S. : Le bruit d’un klaxon, c’est TUT TUT TUT.
Thomas : C’est différent de la trompette qui fait POU POU POU.
Hugo A. : Quelqu’un d’énervé qui marche fait POM POM POM.
Thomas : Ça serait plutôt un éléphant qui fait POM POM POM.
Matisse : Les bruits de pas, ça peut faire RRR RRR RRR.
Hugo S. : ça ressemble au cri du tigre plutôt.
Madeleine : TIC TIC TIC, ça serait peut-être marcher avec des talons.
Amélie : Quand on marche dans l’eau, ça fait PLOUF.
Matisse : PLOUF, c’est plutôt quand on tombe dans l’eau.
Madeleine : Marcher dans l’eau, ça fait PLAF.
Lola : Ou SPLATCH.
Hugo A. : Ou PLIF PLOUF PLIF PLOUF.
Thomas : PCHITT, c’est quand on éclabousse.
Madeleine : La sirène qui sonne le premier mercredi de chaque fait HOU HOU HOU.
Matisse :Ça c’est plutôt un loup.
Thomas : Ou un fantôme.
La sirène fait LOUHOU LOUHOU .

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Vérification dans le Dictionnaire des onomatopées de P. Rézeau, PUF.

 Les écrivains racontent des histoires sur Paris

À l’Arc de Triomphe, Les voix intérieures de Victor Hugo
Victor Hugo parle des activités de Paris. (Elsa)

En gros, il adore Paris. (Emma)

Le cygne, Tableaux parisiens de Charles Baudelaire
Paris change mais pour l’auteur, cela ne change pas à cause de ses vieux souvenirs plus lourds que du roc. (Judith)

Croquis parisien, Eaux-fortes de Paul Verlaine
Paul Verlaine parle de Paris la nuit. (Emma).

À la fin, il chante La Marseillaise et il plante le drapeau tricolore. (Evaluna)

Ce poème est très bizarre. Verlaine était un homme bizarre. Il imaginait beaucoup de choses. Il dit que la lune plaquait ses tuiles de zinc. Pour moi, c’est comme s’il se moquait de la lune. (Waseemah)

Le père Goriot d’Honoré de Balzac
L’histoire parle de Paris la nuit. (Patrick)

C’est joli mais je n’ai rien compris. (Thiago)

Sous le pont Mirabeau, Alcools de Guillaume Apollinaire J’ai bien aimé ce poème, il est sur la joie, l’amour et le temps qui passe. (Sophia)

Rêve, Les mains libres de Paul Eluard
Il parle de Paris, il voit Paris en désordre. (Waseemah)

À la belle étoile, Histoires et autres histoires de Jacques Prévert
Il rencontre des gens à chaque boulevard et il fait des rimes en fonction des gens. Il parle du boulevard Richard Lenoir, du boulevard des Italiens, de Vaugirard. (Émilie)

Place de la Bastille, Courir les rues de Raymond Queneau
Il raconte un peu n’importe quoi sur l’histoire de Paris. (Emma)

Posté le 26 octobre 2007 par Aurélia CROS, Sandra-Vanessa LIEGEOIS